J'aime jouer au poker. Pour de bonnes raisons, parce que malgré l'apparente facilité des règles, les possibilités de progresser semblent infinies, parce que comme les échecs c'est mathématiquement imparable lorsque l'on raisonne en terme d'espérance, et que c'est extrêmement stimulant intellectuellement, mais aussi parce que contrairement aux échecs, cette stimulation intellectuelle est couplée à une excitation du jeu, venant du fait que toute erreur n'est pas sanctionnée immédiatement et peut aller jusqu'à nous faire gagner le coup.
Mais j'aime aussi le poker pour de mauvaises raisons. L'excitation du jeu en est peut-etre une à y bien penser. Et je me retrouve certaines journées, comme aujourd'hui après avoir joué 6 ou 7h d'affilée, avec un léger vague-à-l'âme. Pas grand chose à voir avec le profit de la journée d'ailleurs (qui n'aura pas été bien bénéfique avouons-le), c'est plutôt un sentiment de à quoi bon? A quoi bon passer 6h par jour devant son petit écran, tout seul, à raiser, caller ou folder?
Et je pense à tous ceux qui rêvent de passer pro, qui rêvent d'argent facile, qui pense que poker pro égal liberté et qui ne se rendent pas compte que c'est probablement l'inverse, qu'on n'est jamais moins libre que lorsqu'on a obligation de jouer, obligation de résultat et interdiction de tilt. Non, je ne rêve pas de devenir un grinder pro. Et je veux que le poker reste un plaisir. Alors je vais essayer autant que possible de limiter la durée de mes sessions le weekend. Histoire de ne pas me sentir vidé dimanche prochain.
dimanche 20 février 2011
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